Mal de mer

Mal de Mer

Depuis toujours et pour beaucoup de marin, le mal de mer est un sujet récurrent.

Peur de l’avoir pour certain, malade dès les premières heures en mer pour d’autres.

Il n’y a pas forcement de règles.

Deux sortes de mal de mer :

 Le psychologique 

Se retrouver dans un environnement qui n’est pas le notre peut être angoissant, ne pas maîtriser la situation ou avoir de l’appréhension peut provoquer, une fois en mer, des nausées ou même un violent mal de mer clouant la personne dans sa bannette.

Dans cette situation, avoir confiance en soi et en l’équipage avec lequel vous naviguez est primordial. Se rassurer psychologiquement est essentiel pour le bon déroulement de votre navigation, être impliqué dans la navigation et les manœuvres, se concentrer sur l’horizon. Barrer est souvent un bon moyen de faire passer ce mal de mer !

 L’oreille interne

Certains malheureusement ont une vraie sensibilité de l’oreille interne. Ce mal, extrêmement handicapant leur mène la vie dure dans les transports que ce soit en avion en voiture et donc forcément en bateau.

La prise de médicament contre le mal de mer est souvent recommandée par prise oral ou sous forme de patch. Certaines personnes sont réceptives au bracelet élastique sollicitant un point d’acupuncture situé à l’intérieur du poignet.

Le sentiment vaseux et la fatigue qui l’accompagne sont difficiles à supporter lors des longues navigations.

Souvent accompagné de vomissement, il est très important de veiller à la bonne hydratation du malade.

De l’eau sucrée ou aromatisée d’un sirop permet de faire boire plus facilement la personne, les sodas peuvent aussi de temps en temps apporter un peu de sucre mais l’hydratation reste moins efficace.

Se nourrir devient un calvaire pour le malade qui pourra se passer de nourriture pendant une journée. Au-delà, les choses se compliqueront … Les bananes par exemple, consistantes et faciles à ingérer tout comme du riz ou de la brioche peuvent venir réconforter psychologiquement mais surtout alimenter notre pauvre équipier.

Historiquement, les marins embarqués sur les navires à la découverte du monde souffraient souvent du mal de mer. Ils mâchaient une racine de gingembre, coincée entre leurs dents pour calmer leurs nausées.

Si le gingembre est bien connu pour diminuer les nausées, d’autres remèdes insolites ont été essayé au cours des siècles !

L’un de mes favoris ?

Le Champagne.

Au 19éme siècle, le vin était de coutume à bord et on lui prétendait de nombreuses vertus dont celle de lutter contre le mal de mer.

Cependant en 1877, le docteur Fonssagrives, médecin en chef de la marine et représentant distingué de la faculté de médecine de Montpellier expérimentait les bienfaits du Champagne sur des passagers ainsi que sur lui même afin d’atténuer ou de suspendre le mal de mer et ses nausées.

Nombreux médecins partageaient cet avis, le docteur Berchon écrivait :

«  Le champagne, quel remède précieux : on en prend pour se rétablir quand on est malade, on en prend pour se maintenir en santé quand on se porte bien, à bord, comme à terre il opère des merveilles et ce serait en vérité presque dommage qu’un spécifique vint remplacer un aussi agréable palliatif. »

Allez hop ! Remplissez les cales de champagne, le mercalm n’a qu’à bien se tenir !

Pour aller encore plus loin, si le champagne n’était pas suffisamment efficace contre les nausées, le professeur Sirus-Pirondi préconisait d’y ajouter de la cocaïne.

Oui, oui ! De la cocaïne !

«  La solution de cocaïne pure et fraîchement préparée, mêlée au champagne frappé, a produit cinq fois sur dix quelque soulagement chez des passagers tourmentés par de fortes angoisses.

Mais on a obtenu des résultats analogues avec un mélange de cognac, noix de muscade et glace pilée, lorsqu’on n’avait pas sous la main de solution récente de cocaïne. »

Depuis le début de la navigation, nombreux remèdes insolites ont été essayés avec plus ou moins de succès ! Le livre de Guy Le Moing, « Petite histoire du mal de mer et de ses traitements » nous offre de nombreuses histoires loufoques !

                                                                                                                                                                  

Aujourd’hui, nous avons bon nombre de traitements et un peu plus de connaissances sur le corps humain même si le mal de mer reste un mystère !

Le dérèglement de l’oreille interne peut dans certains cas être rééduqué par des séances d’ostéopathie peu agréable mais efficaces. Sur mes quelques connaissances ayant essayé cette technique, nombreuses ont constaté de réels changements après une ou plusieurs séances.

Nous sommes bien loin du cocktail Champagne/cocaïne, mais sûrement plus sain pour la santé et plus durable !

Parfois, le mal de mer ne prévient pas. Un changement de météo, la fatigue, une mauvaise alimentation, un peu de stress ou le cycle menstruel féminin peuvent nous barbouiller quelques jours.

Les premiers jours de navigation permettent de s’amariner, prendre son rythme, faire attention aux odeurs qui peuvent nous rendre sensible tout comme à notre alimentation.

Nettoyer le fond de cale dans une mer formée avec des vapeurs de gasoil n’est pas le plus agréable !

Inutile de jouer les Wonder Sailor, nous ne sommes que d’humbles êtres humains et le plus grand des marins a lui aussi déjà souffert du mal de mer.

Eric Tabarly n’avait pas honte de dire qu’il vomissait dès les premières 24h de navigation !

Le corps évolue, le mal de mer aussi, trouvez le remède qui vous correspond afin de profiter au mieux de vos navigations.

Il y a toujours une solution et au cas où, n’oubliez pas de mettre une bouteille de champagne dans les cales !

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